Quand les anges nous ouvrent leurs bras
WIM WENDERS
Réalisateur prolifique (voir filmographie à la fin), l'allemand Wim Wenders a du attendre « Les Ailes du désir » pour que, comme par la magie du titre, la bourrasque du succès l’emporte sur le devant de la scène cinématographique. Si sa production est hétéroclite en termes qualitatifs comme de style, reste une indéniable patte Wim Wenders à laquelle je ne peux que rendre hommage. Et quelques chefs-d’œuvre indéniables tels que « Buena Vista Social Club » ou encore « The End of Violence ».
DEAD MAN : SYNOPSIS
Le régime d’Allemagne de l’Est nous avait appris, en 1961, qu’il pouvait y avoir un mur dans Berlin. En réalisant ce film en 1987, Wim Wenders nous rappelle qu’il y a aussi un ciel au-dessus de cette ville. Et peut-être même des anges chargés de veiller sur nous et qui connaissent nos états d’âme dans leur moindre recoins jusqu’aux plus profonds. Des anges qui nous rappellent des joies aussi simples que celles de sauter à cloche-pied, de chantonner, de tracer des bonhommes sur les buées des vitres et tant d’autre encore. Ce plaisir des hommes, charnel, auxquels eux ne sont pourtant pas près de goûter, quelques proches de nous qu’ils se trouvent. Car, immortel, ils sont condamnés à l’immatérialité. Une condamnation bien dure pour l’un d’entre eux, ce Cassiel interprété de main de maître par Otto Sander. Depuis que, aux côtés de son compère Bruno Ganz alias Damiel, son regard a croisé la route de Marion, trapéziste, il n’a plus qu’un rêve : devenir à son tour mortel. Lorsque, déposant ses ailes, il franchit le pas qui le mène à l’humanité et à celle qu’il aime, ses pieds se mettent à laisser des traces dans le sable. Comme un enfant avide, il contemple tous les petits miracles du quotidien et nous les rappelle au passage. Et c’est avec la plus grande des joies qu’il parcourt ce court chemin qui le sépare encore de celle qu’il sait lui être promise.
COMMENTAIRE :
Un film à voir absolument malgré les cinq dernières minutes qui explicitent une morale et une histoire laissées jusque là finement tacites et laisse un petit arrière-goût de dommage. En V.O. même pour les non germanophones car, le scénario ayant été co-écrit par l’écrivain Peter Handke, l’allemand y acquiert ici une dimension nouvelle. Celle de la grâce de l’ange aux confins de consonances que l’ont qualifie bien souvent de barbares. Si vous avez aimé ce film, et malgré quelques réticences personnelles, je vous invite aussi à en voir la suite « Si Loin si proche », qui se déroule après la chute du mur et commence à l’instant exact où, à l’instar de Damiel autrefois, Cassiel décide à son tour de quitter le monde des dieux pour celui des hommes.
A titre indicatif, sachez aussi qu’un remake américain des « Ailes du désir » a été tourné en 1998 par Brad Silberling sous le titre bien connu « La cité des Anges ».
DISTRIBUTION :
Bruno GANZ : Damiel
Solveig DOMMARTIN : Marion
Otto SANDER : Cassiel
Curt BOIS : Homer
Peter FALK : Lui-même et ange devenu homme
FILMOGRAPHIE DE WIM WENDERS :
« Land of plenty » (2004)
« The Soul of a man (2003) », avec Keith B. Brown, Chris Thomas King
« Viel passiert Der BAP Film » (2002)
« The Million Dollar Hotel » (1999), avec Mel Gibson, Gloria Stuart
« Buena Vista Social Club » (1998), avec Compay Segundo, Eliades Ochoa
« The End of Violence » (1997), avec Andie MacDowell, Gabriel Byrne
« Lumière et compagnie (1995) de Lasse Hallström, Abbas Kiarostami avec Pernilla August, Romane Bohringer
« Par-delà les nuages » (Al di là delle nuvole) (1995) de Michelangelo Antonioni, Wim Wenders avec Fanny Ardant, John Malkovich
« Lisbonne story » (Lisbon story) (1994), avec Rüdiger Vogler, Patrick Bauchau
« loin, si proche » (In weiter ferne, so nah !) (1992), avec Otto Sander, Bruno Ganz
« Jusqu'au bout du monde » (Bis ans Ende der Welt) (1991), avec Rüdiger Vogler, Jeanne Moreau
« Les Ailes du désir » (Der Himmel über Berlin) (1987), avec Bruno Ganz, Peter Falk
« Tokyo-ga » (1985), avec Werner Herzog, Chishu Ryu
« Paris, Texas » (1984), avec Harry Dean Stanton, Nastassja Kinski
« Hammett » (1982), avec Frederic Forrest, Peter Boyle
« Chambre 666, n'importe quand (1982) », avec Michelangelo Antonioni, Rainer Werner Fassbinder
« L'Etat des choses (Der Stand der Dinge) » (1981), avec Patrick Bauchau, Viva Auder
« Nick's Movie » (Lighting over water) (1980) avec Nicholas Ray, Ronee Blakley
« L'Ami américain » (Der Amerikanische Freund – The American friend) (1977), avec Dennis Hopper, Bruno Ganz
« Au fil du temps » (Im Lauf der Zeit) (1975), avec Rüdiger Vogler, Lisa Kreuzer
« Faux mouvement » (Falsche Bewegung) (1975), avec Rüdiger Vogler, Hanna Schygulla
« Alice dans les villes » (Alice in der Staten) (1973), avec Rüdiger Vogler, Yella Rottlander
« La Lettre écarlate » (Der Scharlachrote Buchstabe) (1972), avec Senta Berger, Hans-Christian Blech
« L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty » (Die Angst des Tormannes beim Elfmeter) (1971), avec Arthur Brauss, Kai Fisher
« Un été dans la ville » (Summer in the city) (1970), avec Hanns Zischler, Gerd Stein
« Alabama : 2000 Light Years from Home » (1969) de Wim Wenders
« Game Player Shoots Again » (1968)
« Don't come knockin' »
Réfractaires aux Westerns ?
JIM JARMUSH
Réalisateur aux multiples succès, Jim Jarmush n’en est pas à son coup d’essai lorsque, en 1995, il présente « Dead Man » au public. Un public qui, de l’émouvant « Stranger Than Paradise » en 1984 au superbe « Night on Earth » en 1991 en passant par l’hilarant « Down by Law » en 1986 (voir filmographie complète à la fin, que je vous épargne ici), a appris à connaître et à apprécier comme un des meilleurs du cinéma indépendant américain, l’univers du réalisateur. Il faut dire que Jarmush ne laisse rien au hasard : dans chacun de ses films, tout est léché jusqu’aux moindres détails. A la limite de l’esthétisant si cela peut être considéré comme un reproche. Gestion incroyable du noir et blanc qu’il affectionne, respect du silence et des images qui confine au contemplatif pictural, bandes originales réalisées par les plus grands, chaque Jarmush se savoure comme un délice. Sans oublier ses castings : Begnini, Tom Waits, Geena Rowlands, Béatrice Dalle, Winona Ryder, tous sont passés sous l’œil de sa caméra. Pour notre plus grand plaisir.
DEAD MAN : SYNOPSIS
A voir s’accumuler tant de succès pour un réalisateur dont je suivais le parcours depuis quelque temps, la sortie de « Dead Man » s’annonçait comme un rendez-vous à ne pas manquer. Et grand bien m’en a pris tant ce film est digne de ses prédécesseurs tout en marquant la faculté incroyable de renouvellement du réalisateur à chacune de ses productions. A croire qu’il excelle dans toutes les formes, depuis le kaléïdoscope d’histoires mises bout à bout (« Night on Earth ») jusqu’à cet étonnant film que l’on hésite à qualifier de Western -même si l’on y rencontre moult « cow boys » et indiens-, tant il est difficilement catégorisable (comme tout grand art). Un film presque stylisé, en noir et blanc, qui se déroule dans les confins de l’Ouest américain à la seconde moitié du XIXe siècle et où Johnny Depp, acteur principal, interprète magistralement le rôle de William Blake. Lorsque s’ouvre le film, nous le découvrons, jeune comptable, la valise à la main, rejoindre l’orient américain de la ruée pour un travail qu’il ne trouvera pas. L’occasion d’un voyage en train quasi silencieux en une succession d’images plus superbes les unes que les autres. Puis la découverte en véritable plongée dans une ville, nouvelle, à la rencontre de ses mœurs insoupçonnées comme une restitution de cette histoire inexistante que l’Amérique se cherche tant. A la rencontre aussi d’un Robert Mitchum plus étonnant que jamais en notable vindicatif qui, à la suite d’un crime et d’un quiproquo tragique, fera poursuivre le jeune Blake de deux de ses tueurs. Commence alors une longue poursuite à travers les vastes étendues californiennes au cours de laquelle nous suivons ces deux êtres dans leur quête du gage et le jeune homme dans sa fuite. Perdu et blessé, il rencontre "Nobody", un étrange Amérindien marginal, qui croit reconnaître en lui le défunt poète anglais du même nom. Tous deux unissent alors leurs chemins pour se rendre côte à côte vers leur destinée improbable, qui amène le spectateur à réfléchir sur les fondements de la loi et les limites de la norme. Une destinée qui fait de Blake, blessé, un hors-la-loi et un tueur, alors que nous voyons son existence physique s'éloigner lentement. Dead man du titre, il l’est tout au long de cette quête, cet homme avec qui l’on souffre dans une extase de beauté et qui, nous emmenant avec lui jusqu’au bord de la rive, nous ouvre des yeux sur bien des choses.
COMMENTAIRE:
Notons, pour l'anecdote, que Iggy Pop interprète un petit rôle dans ce film. Un film à voir absolument, mais en bande originale pour savourer en plus la beauté de la langue que Jarmush déploie. J’espère que, à travers ce voyage initiatique étiqueté « neo-western » mais bien plus que cela (puisque l’on y rit même !), vous ne resterez comme moi, insensibles ni à la beauté des images et des silences, ni à celle de la musique signée Neil Young. Et que cela vous donnera envie d’en savoir plus non seulement sur le film (auquel cas je vous invite à suivre ce lien pour découvrir la bande-annonce : http://membres.lycos.fr/williamblake/), mais encore sur les autres du même réalisateur.
DISTRIBUTION:
•JOHNNY DEPP – William Blake
•GARY FARMER – Nobody
•MILI AVITAL – Thell Russel
•ROBERT MITCHUM – John Dickenson
•GABRIEL BYRNE – Charlie Dickenson
•JOHN HURT – John Scofield
•LANCE HENRIKSEN- Cole Wilson
•MICHAEL WINCOTT – Conway Twill
•IGGY POP – Salvatore "Sally" Jenco
•BILLY BOB THORNTON – Big George Drakilious
•JARRED HARRIS – Benmont Tench
•CRISPIN GLOVER – Train fireman
FILMOGRAPHIE DE JARMUSH :
• "Coffee and cigarettes", avec Roberto Benigni, Steven Wright (2002) • "Ghost Dog: la voie du samourai", avec Forest Whitaker, John Tormey (1999)
• "Year of the Horse" avec Ralph Molina, Frank Sampedro (1997)
• "Dead Man", avec Johnny Depp, Gary Farmer (1995)
• Mystery train de Jim Jarmusch avec Nicoletta Braschi, Youki Kudoh (1989)
• "Down by Law", avec Tom Waits, John Lurie (1986)
•• Coffee and cigarettes I de Jim Jarmusch avec Roberto Benigni, Steven Wright (1986)
• "Night on Earth", avec Gena Rowlands, Béatrice Dalle (1990)
• "Stranger than Paradise", avec John Lurie, Eszter Balint (1984)
• "Permanent Vacation", avec John Lurie, Chris Parker (1980)
Mythes et Moyen-Age au pays du soleil levant
Chef d'oeuvre du cinéma japonais, "Les Contes de la lune vague après la pluie" de Kenji Mizoguchi n'ont pas usurpé leur Lion d'argent au festival de Venise de 1953. Car durant les 1h37 que dure ce magnifique conte initiatique, le réalisateur nous entraîne au fin fond d'un Moyen Age nippon tel qu'on ne se le serait jamais imaginé et qui nous enseigne tant et tant qu'il est dur de le résumer.
Notons tout d'abord que le système des genres cinématographiques japonais n'est pas du tout calqué sur la taxinomie qui a cours à Hollywood (où l'on choisit entre westerns, films noirs, comédies, mélodrames, etc.). Traditionnellement, les Japonais accordent la plus grande importance à la période à laquelle se déroule le récit. Ils distinguent ainsi les drames contemporains (gendaï-jeki) des films d'époque (jidaï-jeki) ou des films Meiji (Meiji-mono)…
C'est à cette dernière catégorie qu'appartient le film de Mizoguchi, au titre si évocateur. Et c'est ainsi que l'on découvre Genjuro et son beau frère Tobe , ainsi que leur épouses respectives, Miyagi et Ohama, tous les quatre paysans au bord du lac Biwa à la fin du seizième siècle. Une bien modeste situation que l'on partage pourtant au bord de l'extase esthétique. Certes, peu de perspectives entre champs et poteries, mais tout pour être heureux … Tout, si ce n'est l'ambition qui ronge les deux hommes en dedans et son pendant extérieur qu'est la guerre qui rôde.
Lorsqu'elle éclate, elle va révéler chez eux des désirs irrépressibles qui vont les pousser à sacrifier leur famille et leur travail en pleine tourmente. Avide de richesse, Genjuro sombrera ainsi dans les bras d'une dame Wasaka splendide mais si inquiétante… Et lorsque penaud, il reprendra le chemin du village pour retrouver sa femme et son fils grandi, il ne retrouvera pas le foyer inchangé. Tout comme son beau-frère, parti lui aussi sur le sentier de la gloire du Samouraï et qui, arrivé à ce statut en tant qu'usurpateur, retrouvera une femme souillée.
Dans cette fresque superbe qui joue du noir et blanc avec un art consommé et nous plonge dans l'histoire comme on n'aurait osé le rêver, Mizoguchi réconcilie imprégnation symbolique, roman initiatique et expérience didactique. Un véritable bijou ciselé de main de maître que ce retour au presque même riche de leçons et sublime d'évocations. Un film à voir absolument, qui n'a pas pris une ride si ce n'est celle de la sagesse et qui nous laisse, presque orphelins de tant de génie(s), le vague à l'âme lorsque le mot fin s'incrit sur l'écran.
Deux Edward ont crevé l’écran
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American History X, ce n'est pas l'histoire de l'Amérique comme l'a longuement souligné un ami né en Iowa et avec qui j'étais allée voir le film au cinéma. Pas l'histoire de l'Amérique toute entière, certes… Mais l'histoire d'une certaine Amérique, classée "X" et confrontée à la Violence autant qu'au désarroi.
L'histoire tragique de Derek et de son jeune frère Danny, deux rôles magistralement interprétés par Edward Norton et Edward Furlong. Deux frères soudés par la mort de leur père, tué par un dealer noir. Mais les deux garçons réagissent différemment à l'événement : alors que Danny semble aller de l'avant et continue à aller tranquillement à l'école, Derek intègre un groupe de néo-nazis où il croit se recréer la famille qu'il n'a plus dans la haine de l'autre. L'esprit empli de propagande raciste et de vengeance, il tue deux jeunes africano-américains et se retrouve condamné à purger une longue peine de prison. Là, il rencontrera des personnes de couleur qui l'amèneront à réviser son jugement de jeunesse.
Après de longues années d'incarcération, d'amitiés autrefois improbables nouées et de retour sur soi autant que sur actes passés, c'est transformé qu'il sort de prison. Le coeur plein de rachat et de nouvelles résolutions. Pour une nouvelle vie? C'est sans compter que, entre temps, Danny a lui aussi cherché refuge auprès de ses anciens amis néo-nazis…
Si ce premier film, mi-noir et blanc, mi-couleur, et réalisé en 1999 par Tony Kaye, n'est exempt ni de longueurs, ni de raccourcis, ni de pathos esthétisant confinant à l'abusif, il a comme mérites à la fois de refuser le manichéen d'une situation dans laquelle tombent tant de films américains et d'amener à réflechir sur les conditions sociales de la délinquance comme du racisme "ordinaire". Le tout sans tomber dans le trop démonstratif. Au final? Non pas le chef d'oeuvre auquel on a tant crié mais une belle pierre à l'édifice de la tolérance. Avec une morale malheureusement explicite : rien ne sert de juger trop vite, il faut réfléchire, point.
Un éléphant, ça touche énormément
Lorsque, en 1980, Mel Brooks confie la direction de "Elephant Man" à David Lynch, ce dernier n'est pas encore le réalisateur excellant dans tous les styles et à multiples succès que l'on connaît, de "Dune" et "Lost Highway" à "Mullholland drive" en passant par "Une histoire vraie".
Lorsque, après son premier long métrage, "Eraser Head", il s'attaque au drame d'un homme difforme exposé dans les foires à la fin du siècle dernier, rien ne laisse présager la reconnaissance derrière l'austérité du sujet. Pourtant, ce sont pas moins de huit nominations pour les oscars dont écope le réalisateur cette même année. Raisons de cet engoument qui ne s'est plus démenti depuis? Une incroyable faculté à capter les émotions en images, qui rend ce fil en noir et blanc de plus de 2h à proprement parler boulversant.
Impossible de sortir inchangé d'une plongée dans cette fable humaniste qui touche avec une économie de mots parfaite au coeur de questions fondamentales telles que le droit à la différence, la dignité, le respect, l'amitié, l'échange ou encore la douleur de la perte. Un film qui ne laisse pas place au larmoyant bien qu'elle prête aux larmes plus qu'au sourire, l'histoire de cet Elephant Man né John Merrick.
Son surnom, c'est à un accident pré-natal qu'il le doit : alors que sa mère est enceinte, elle est renversée par un éléphant et c'est ainsi que John naîtra hydrocéphale. Différent des autres, si différent que l'Angleterre de la fin du dix-neuvième choisit de l'exposer à titre d'exemple. Curiosité contre monstruosité. Reclus dans un barraquement de fête foraine, Elephant Man vit replié sur lui-même pour éviter un peu l'humiliation. Le bonheur des hommes n'est pas pour lui. Pas même un peu de considération si ce n'est déjà la nôtre; absolue…
Jusqu'au jour où le chirurgien Frederick Treves croise son chemin. Impressionné par de telles difformités qu'il souhaite étudier à loisir, ce Dr. achète Merrick et l'arrache ainsi à la violence de son propriétaire tout autant qu'à l'humiliation quotidienne d'être mis en spectacle. Commence alors une autre vie pour lui.
D'autant plus que, alors que, aux vues de ses difformités, le chirurgien pense que " le monstre " est un idiot congénital, il se met à découvrir en cet homme éléphant un être meurtri, non seulement intelligent mais encore doté d'une grande sensibilité. Une découverte qui sera à l'origine d'une boulversante mais pudique amitié, pleine de doutes, de tâtonnements mais surtout de respect mutuel et d'enrichissement réciproque.
Dense comme jamais peut-être avant amitié au cinéma, la rencontre de ces deux hommes sera pourtant de trop courte durée.
Un film bouleversant, à voir absolument. Si convaincant que, pour la petite histoire, c'est en découvrant ce chef d'oeuvre que le producteur Dino De Laurentiis a décidé de choisir David Lynch pour être le réalisateur du film de science-fiction qu'il allait tourner : "Dune, qui sera le troisième long métrage du cinéaste. Avec le succès qu'on lui connait.