Le robinet qui fuit

avril 25, 2006 at 1:43 (Con?sidérations)

Première étape : définir la source du couinement insupportable. Insidieusement lancinant mais toujours fuyant. Presque là mais comme inaccessible. Branle-bas de combat et passages à la loupe, rien à faire… Un animal non identifié malencontreusement en train d'agoniser bruyamment dans notre tuyauterie ? Passage systématique d'avions de chasse au dessus de notre appartement ? Bilan de ces multiples expectatives, trois longues semaines d'insomnies. Avant de tenir enfin le coupable : un trou dans le joint du robinet de la chasse d'eau des toilettes. Un joint mélomane. Un trou bien placé. Mais pas du goût de tous. Changer le joint immédiatement aurait été bien trop simple. S'ensuit une longue période de cohabitation à cinq : nous quatre colocataires et le « VOOOuiiiiIIIIIIIIIIIIIIiiiinnnnnNNNNNNNNNNnnn ». Avec un compromis sous forme de trouvaille : le bruit se tarit avec l'arrivée d'eau ! Pourquoi ne pas alors fermer le robinet ? Pourquoi ? Mais parce que robinet fermé, plus de chasse d'eau. Alors, à chaque commission, la longue attente du remplissage. Insupportablement long la nuit. Sans oublier de bien refermer le robinet en partant sous peine de devoir se relever moins de deux minutes après s'être cru enfin définitivement allongé.

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Sortie de métro

mars 28, 2006 at 1:42 (Con?sidérations)

Sortie de métro

Envie de lire des signes… De décrocher la lune. Ou, au moins, un sourire. Noyée dans la société de consommation, l'absence de repères en retour de bâton… 3000 pubs par jour, à ingurgiter les yeux grand ouverts et le cerveau au bord de l'asphyxie. Entre overdose et pénurie, le vide. Le bûcher des valeurs perdues. Pas envie. Pas de ça. Pas de ce monde-là. Des millions de choses offertes, sauf l'essentiel. Du réel par millier aussi, mais si peu à rêver. L'imaginaire en berne, le secret exposé. Tant d'aliments nouveaux, le scandale chevillé à l'étiquette. Tant de besoins superflus qui nous rongent en douceur… Euthanasie consentie. Lente mais sans douleur. Pas envie. Pas de ça. Pas de ce monde-là.

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Retour d’âge…

mars 20, 2006 at 1:33 (Con?sidérations)

Seule sous le soleil et sur un banc, une vieille femme pense… à rien, à tout. Aux oiseaux qui ne chantent que pour elle, et au temps qui passe… Tout doucement, et librement…. Aux propos de son fils aussi. Un retour à l'enfance que la vieillesse ? Une perte d'autonomie en tout cas ! De l'être responsable à la prise en charge, le poids d'une vie en retour de bâton. Accompagné sur le chemin de la mort après celui de l'école, pas forcément facile à accepter. Surtout dans une société dont les repères changent si vite que les générations précédentes semblent immédiatement dépassées. Prêtes à être ensevelies. Plus rien à apporter à ce monde-ci, n'attendre que la fin du sursis… Et l'enfouissement Une fragilité à accepter sous forme de surveillance imposée, certes. Mais pas seulement… La fin des échéances sociales aussi. Le temps retrouvé. Si certains ne le peuvent pas, d'autres n'attendent que ça. Sur un sourire en forme de pied de nez, elle déguste une sucette. Et goûte le monde du même élan. Un retour à l'enfance ? Sûrement ! Mais pas forcément calamiteux…Cesser de courir après un agenda chronométré, et goûter les secondes offertes… Que rêver de mieux ? Friandise au bord des lèvres et regard malicieux au coin des yeux, elle salue l'arrivée de son amie.

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Considérations du matin…

octobre 28, 2005 at 1:35 (Con?sidérations)

Tellement dépendante de ceux que j'aime. Et qui vieillissent… Ou partent. Tant essayé de l'oublier. De m'immuniser. Tant et tant que j'ai fini par y croire. Me penser affranchie. A ne plus regarder autour de moi. Ne pas penser. Ne plus m'attacher et même parfios me détacher. Mais non. Besoin des autres. De certains autres. D'eux.
Quand on a la chance de la pouvoir, on pense, enfant, la vie plus belle qu'elle ne l'est. Le monde, sans médiocrité. Par la force de l'imaginaire et de la tendresse, autrement on l'a rêvé. Mais, un jour, il nous faut découvrir le sens du mot compromis. Comprimission aussi. Certains appellent ça grandir. Que le soleil ne brille souvent que par son absence, il nous faut l'accepter aussi. Savoir que non. Ou, plutôt, que si. Pas la choix. Sauf peut-être…
Se contenter des choses simples. D'un sourire échangé. D'un bonjour du fond du coeur. Et tant de choses à occulter. Les couloirs sales, les métros puants et la course contre le temps. Les visages éteints et certains gestes malsains… Mais, parfois, une main tendue. Une belle rencontre. Parfois… Juste assez pour puiser la force de continuer. L'envie d'essayer.

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