Rien…
Rien… Chaque jour, c'est ce que mangent 11 millions d'Africains. Une réalité immonde que la presse passe volontiers sous silence. Pas la bonne époque : retour du printemps, les régimes sont plus au goût du jour. L'obésité, le mal du siècle ! Oui mais un mal occidental qui ne se discute pas le ventre vide. La corne de l'Afrique, elle, crève sans petits feux. Et dans l'indifférence quasi-générale. Des tonnes de nourriture produites chaque jour, elle n'en voit pas le menu. Non assitance à personnes en danger ? L'argument ne fait pas le poids. Pas vendre surtout, face au sentiment de déjà-vu, de redite. C'est tous les ans la même chose entend-t-on souvent. Oui mais, toujours des visages différents. Des corps interrogateurs qui n'attendent plus rien, sauf la mort. Le regard perdu de tant d'enfants… Face à ce silence complice, je clame mon droit à l'indignation. Pas de recette miracle, juste une évidente réaction. Comment continuer à se soucier de nos grammes en trop quand se jouent de tels drames ? Comment ne pas sentir l'obsénité de nos "slimfast" dans un monde où 1 milliard de personnes vivent avec moins de 1 dollar par jour ? Comment continuer à s'en laver le cerveau devant des émissions débiles ? Comment oser ne pas s'en soucier ? Dire qu'on n'y peut rien ? Comment continuer à parler d'immigration choisie quand il s'agit de survie ? Qui peut encore se dire raciste dès lors qu'il réfléchit ? Je ne demande pas de réponse miracle… Juste un soupçon d'humanité.