L’ombre d’un géant

avril 13, 2006 at 1:47 (A livre ouvert)

S'il ne s'était pas éteint en 1989, Samuel Beckett aurait aujourd'hui cent ans. Irlandais de naissance, parisien d'adoption, il reste pourtant plus que jamais présent. Pas d'interview, aucun film de lui, mais toujours ses textes, héritage legué à l'infini, de lectures en relectures. A chaque ligne, chaque pause et chaque souffle, sur scène ou dans l'espace ouvert de nos mains, ses phrases continuent de palpiter. Ses silences, d'insuffler la vie, une autre forme d'humanité à peine murmurée. Difficile de résumer son influence, de définir son apport. Juste une expérience personnelle. Prix Nobel de littérature en 1969, il est entré dans ma vie comme un tremblement de terre. Une évidence fondamentale apres laquelle rien ne pourrait plus être comme avant. Un nouveau goût aux mots, un nouveau souffle au coeur. Et surtout, une passion à jamais chevillée au corps, celle du maître, du mentor. Depuis, je poursuis cette quête qu'il m'a legué sans le savoir. Peut etre meme sans le vouloir. Comme à tant d'autres, invisible communauté de coeur… Celle de vouloir "se tromper, se tromper encore, se tromper mieux". Apres ca, inutile de dire merci. L'espace de ses hesitations suffit.

Laisser un commentaire