Y’avait qu’à demander !
Villepin rêvait d'une bataille pour l'emploi… Il l'a eue. Quant Chirac, toute sa carrière politique a été orientée dans un seul but : devenir le nouveau De Gaulle. Se faire plus grand que lui même. Seul hic, le costume était trop large, les couleurs du temps, trop différentes. Pas les épaules, ni le bon tissu social… Question d'époque et de mode. Retouches de ci et de là à coût de petites mesures n'y auront rien changé. Aucun événement n'aura été à même de lui offrir l'avènement tant souhaité… Même la présence de Le Pen au second tour des présidentielles de 2002. Même sa posture de chef de fil contre la guerre en Irak. Pas faute pourtant d'avoir essayé, petit président qu'on trouverait presque pauvre. A part se faire tailler d'innombrables costards, tenter d'endosser l'uniforme du général ne lui aura donc rien apporté. Chaque jour, le spectre du grand homme semblait même un peu plus s'loigner. Jusqu'au CPE ! Avec la promulgation unilatérale de cette loi injuste, notre Président se rapproche enfin de "son" Général. Le parallèle devient sinon évident, du moins possible. Comme lui, sa fin de mandat s'écrira dans la rue. Il voulait être le nouvel homme fort qui libèrerait la France de ses carcans, il aura réussi à susciter "un nouveau 68" ! Et comme de Gaulle, il partira à un moment où plus personne ne le regrettera. D'ici 2007, Chirac devrait donc voir son voeu enfin exaucé. Comme quoi, il suffit parfois de savoir attendre.