Quand les anges nous ouvrent leurs bras

août 26, 2005 at 1:58 (Un certain regard)

WIM WENDERS
Réalisateur prolifique (voir filmographie à la fin), l'allemand Wim Wenders a du attendre « Les Ailes du désir » pour que, comme par la magie du titre, la bourrasque du succès l’emporte sur le devant de la scène cinématographique. Si sa production est hétéroclite en termes qualitatifs comme de style, reste une indéniable patte Wim Wenders à laquelle je ne peux que rendre hommage. Et quelques chefs-d’œuvre indéniables tels que « Buena Vista Social Club » ou encore « The End of Violence ».

DEAD MAN : SYNOPSIS
Le régime d’Allemagne de l’Est nous avait appris, en 1961, qu’il pouvait y avoir un mur dans Berlin. En réalisant ce film en 1987, Wim Wenders nous rappelle qu’il y a aussi un ciel au-dessus de cette ville. Et peut-être même des anges chargés de veiller sur nous et qui connaissent nos états d’âme dans leur moindre recoins jusqu’aux plus profonds. Des anges qui nous rappellent des joies aussi simples que celles de sauter à cloche-pied, de chantonner, de tracer des bonhommes sur les buées des vitres et tant d’autre encore. Ce plaisir des hommes, charnel, auxquels eux ne sont pourtant pas près de goûter, quelques proches de nous qu’ils se trouvent. Car, immortel, ils sont condamnés à l’immatérialité. Une condamnation bien dure pour l’un d’entre eux, ce Cassiel interprété de main de maître par Otto Sander. Depuis que, aux côtés de son compère Bruno Ganz alias Damiel, son regard a croisé la route de Marion, trapéziste, il n’a plus qu’un rêve : devenir à son tour mortel. Lorsque, déposant ses ailes, il franchit le pas qui le mène à l’humanité et à celle qu’il aime, ses pieds se mettent à laisser des traces dans le sable. Comme un enfant avide, il contemple tous les petits miracles du quotidien et nous les rappelle au passage. Et c’est avec la plus grande des joies qu’il parcourt ce court chemin qui le sépare encore de celle qu’il sait lui être promise.

COMMENTAIRE :
Un film à voir absolument malgré les cinq dernières minutes qui explicitent une morale et une histoire laissées jusque là finement tacites et laisse un petit arrière-goût de dommage. En V.O. même pour les non germanophones car, le scénario ayant été co-écrit par l’écrivain Peter Handke, l’allemand y acquiert ici une dimension nouvelle. Celle de la grâce de l’ange aux confins de consonances que l’ont qualifie bien souvent de barbares. Si vous avez aimé ce film, et malgré quelques réticences personnelles, je vous invite aussi à en voir la suite « Si Loin si proche », qui se déroule après la chute du mur et commence à l’instant exact où, à l’instar de Damiel autrefois, Cassiel décide à son tour de quitter le monde des dieux pour celui des hommes.
A titre indicatif, sachez aussi qu’un remake américain des « Ailes du désir » a été tourné en 1998 par Brad Silberling sous le titre bien connu « La cité des Anges ».

DISTRIBUTION :
Bruno GANZ : Damiel
Solveig DOMMARTIN : Marion
Otto SANDER : Cassiel
Curt BOIS : Homer
Peter FALK : Lui-même et ange devenu homme

FILMOGRAPHIE DE WIM WENDERS :
« Land of plenty » (2004)
« The Soul of a man (2003) », avec Keith B. Brown, Chris Thomas King
« Viel passiert Der BAP Film » (2002)
« The Million Dollar Hotel » (1999), avec Mel Gibson, Gloria Stuart
« Buena Vista Social Club » (1998), avec Compay Segundo, Eliades Ochoa
« The End of Violence » (1997), avec Andie MacDowell, Gabriel Byrne
« Lumière et compagnie (1995) de Lasse Hallström, Abbas Kiarostami avec Pernilla August, Romane Bohringer
« Par-delà les nuages » (Al di là delle nuvole) (1995) de Michelangelo Antonioni, Wim Wenders avec Fanny Ardant, John Malkovich
« Lisbonne story » (Lisbon story) (1994), avec Rüdiger Vogler, Patrick Bauchau
« loin, si proche » (In weiter ferne, so nah !) (1992), avec Otto Sander, Bruno Ganz
« Jusqu'au bout du monde » (Bis ans Ende der Welt) (1991), avec Rüdiger Vogler, Jeanne Moreau
« Les Ailes du désir » (Der Himmel über Berlin) (1987), avec Bruno Ganz, Peter Falk
« Tokyo-ga » (1985), avec Werner Herzog, Chishu Ryu
« Paris, Texas » (1984), avec Harry Dean Stanton, Nastassja Kinski
« Hammett » (1982), avec Frederic Forrest, Peter Boyle
« Chambre 666, n'importe quand (1982) », avec Michelangelo Antonioni, Rainer Werner Fassbinder
« L'Etat des choses (Der Stand der Dinge) » (1981), avec Patrick Bauchau, Viva Auder
« Nick's Movie » (Lighting over water) (1980) avec Nicholas Ray, Ronee Blakley
« L'Ami américain » (Der Amerikanische Freund – The American friend) (1977), avec Dennis Hopper, Bruno Ganz
« Au fil du temps » (Im Lauf der Zeit) (1975), avec Rüdiger Vogler, Lisa Kreuzer
« Faux mouvement » (Falsche Bewegung) (1975), avec Rüdiger Vogler, Hanna Schygulla
« Alice dans les villes » (Alice in der Staten) (1973), avec Rüdiger Vogler, Yella Rottlander
« La Lettre écarlate » (Der Scharlachrote Buchstabe) (1972), avec Senta Berger, Hans-Christian Blech
« L'Angoisse du gardien de but au moment du penalty » (Die Angst des Tormannes beim Elfmeter) (1971), avec Arthur Brauss, Kai Fisher
« Un été dans la ville » (Summer in the city) (1970), avec Hanns Zischler, Gerd Stein
« Alabama : 2000 Light Years from Home » (1969) de Wim Wenders
« Game Player Shoots Again » (1968)
« Don't come knockin' »

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