Deux Edward ont crevé l’écran

avril 25, 2005 at 1:56 (Un certain regard)

 

American History X, ce n'est pas l'histoire de l'Amérique comme l'a longuement souligné un ami né en Iowa et avec qui j'étais allée voir le film au cinéma. Pas l'histoire de l'Amérique toute entière, certes… Mais l'histoire d'une certaine Amérique, classée "X" et confrontée à la Violence autant qu'au désarroi.

L'histoire tragique de Derek et de son jeune frère Danny, deux rôles magistralement interprétés par Edward Norton et Edward Furlong. Deux frères soudés par la mort de leur père, tué par un dealer noir. Mais les deux garçons réagissent différemment à l'événement : alors que Danny semble aller de l'avant et continue à aller tranquillement à l'école, Derek intègre un groupe de néo-nazis où il croit se recréer la famille qu'il n'a plus dans la haine de l'autre. L'esprit empli de propagande raciste et de vengeance, il tue deux jeunes africano-américains et se retrouve condamné à purger une longue peine de prison. Là, il rencontrera des personnes de couleur qui l'amèneront à réviser son jugement de jeunesse.
Après de longues années d'incarcération, d'amitiés autrefois improbables nouées et de retour sur soi autant que sur actes passés, c'est transformé qu'il sort de prison. Le coeur plein de rachat et de nouvelles résolutions. Pour une nouvelle vie? C'est sans compter que, entre temps, Danny a lui aussi cherché refuge auprès de ses anciens amis néo-nazis…

Si ce premier film, mi-noir et blanc, mi-couleur, et réalisé en 1999 par Tony Kaye, n'est exempt ni de longueurs, ni de raccourcis, ni de pathos esthétisant confinant à l'abusif, il a comme mérites à la fois de refuser le manichéen d'une situation dans laquelle tombent tant de films américains et d'amener à réflechir sur les conditions sociales de la délinquance comme du racisme "ordinaire". Le tout sans tomber dans le trop démonstratif. Au final? Non pas le chef d'oeuvre auquel on a tant crié mais une belle pierre à l'édifice de la tolérance. Avec une morale malheureusement explicite : rien ne sert de juger trop vite, il faut réfléchire, point.

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