Deux Edward ont crevé l’écran
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American History X, ce n'est pas l'histoire de l'Amérique comme l'a longuement souligné un ami né en Iowa et avec qui j'étais allée voir le film au cinéma. Pas l'histoire de l'Amérique toute entière, certes… Mais l'histoire d'une certaine Amérique, classée "X" et confrontée à la Violence autant qu'au désarroi.
L'histoire tragique de Derek et de son jeune frère Danny, deux rôles magistralement interprétés par Edward Norton et Edward Furlong. Deux frères soudés par la mort de leur père, tué par un dealer noir. Mais les deux garçons réagissent différemment à l'événement : alors que Danny semble aller de l'avant et continue à aller tranquillement à l'école, Derek intègre un groupe de néo-nazis où il croit se recréer la famille qu'il n'a plus dans la haine de l'autre. L'esprit empli de propagande raciste et de vengeance, il tue deux jeunes africano-américains et se retrouve condamné à purger une longue peine de prison. Là, il rencontrera des personnes de couleur qui l'amèneront à réviser son jugement de jeunesse.
Après de longues années d'incarcération, d'amitiés autrefois improbables nouées et de retour sur soi autant que sur actes passés, c'est transformé qu'il sort de prison. Le coeur plein de rachat et de nouvelles résolutions. Pour une nouvelle vie? C'est sans compter que, entre temps, Danny a lui aussi cherché refuge auprès de ses anciens amis néo-nazis…
Si ce premier film, mi-noir et blanc, mi-couleur, et réalisé en 1999 par Tony Kaye, n'est exempt ni de longueurs, ni de raccourcis, ni de pathos esthétisant confinant à l'abusif, il a comme mérites à la fois de refuser le manichéen d'une situation dans laquelle tombent tant de films américains et d'amener à réflechir sur les conditions sociales de la délinquance comme du racisme "ordinaire". Le tout sans tomber dans le trop démonstratif. Au final? Non pas le chef d'oeuvre auquel on a tant crié mais une belle pierre à l'édifice de la tolérance. Avec une morale malheureusement explicite : rien ne sert de juger trop vite, il faut réfléchire, point.
Européens, pour quoi faire ?
Pour ou contre la constitution ? Depuis que Jacques Chirac a
officialisé la date du 29 mai prochain pour la tenue du referundum sur
l'avenir de l'Europe, la question ne cesse de faire débat. Et ne
quitte plus la une de nos médias. Traversant la société française,
elle la divise aussi. Argument contre argument, article contre
article, chacun y va de son point de vue, se renvoie dos à dos, et la
France n'avance pas. Le doute, si… D'où l'urgence de recentrer le
débat. Pour que, de leurs portes à côtés, nos voisins ne nous
méprisent pas. Car la question posée est simple, finalement. A savoir
: veut-on, oui ou non, qu'à côté du marché unique qu'elle est déjà,
l'Europe se dote d'une branche politique ? Libre à chacun de répondre
non pour préserver l'idée de Nation. Mais hors sujet que de contester
tel ou tel point de ce « wonder traité ». D'urgence, arrêtons donc de
tout mélanger ! D'à loisir, tout compliquer. Agissons comme des
citoyens responsables, non en électeurs capricieux ! Insupportable que
de voir certains situer volontairement le débat sur un niveau qui
n'existe pas pour défendre des intérêts qui ne se disent pas, mais qui
œuvrent tout bas. Plus insupportable encore de voir un non sanction à
notre politique intérieure en constante progression. Il ne s'agit pas
que de nous, mais de 25 pays ! De notre image de marque aussi… Ayons
donc le courage de répondre à cette seule et simple question, de
principe et de fond : oui ou non à une Europe politique, qui,
finalement, sera ce qu'on en fera ? Et cessons donc de pinailler sur
ce qui n'a pas lieu de faire débat. Pour les querelles de clocher, ce
n'est décidément pas le bon endroit… Ni le bon droit !